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10 aspects sur lesquels travailler faci­le­ment, pour déve­lop­per len­te­ment mais sûre­ment la sa­gesse, indis­pen­sable à l'accom­plis­se­ment spi­ri­tuel.

Suggestion
N'oubliez pas de méditer. Si vous lisez les articles de ce site sans pratique, c'est comme si vous plantiez des graines sans les arroser.

Comment développer la sagesse ?

Voilà une matière qui n'est pas ensei­gnée à l'école, et qui pour­tant, est bien plus impor­tante que n'im­porte quelle autre ! Et quoi que l'on fasse, on est sûr de s'en servir, surtout si on ne fait rien !

Voici les aspects sur lesquels je vous propose de vous pencher un peu…

  • Immersion dans le banal
  • Acceptation
  • Humilité
  • Réduction des attachements
  • Cultiver les bonnes terres
  • Équanimité
  • Solitude
  • Être comme un enfant
  • Élargissement de la vision
  • Gratitude

Immersion dans le banal

Connais-toi toi-même !

La recherche de sagesse exige de tenir compte d'un grand nombre de choses. Cepen­dant, s'il ne fallait retenir qu'une seule recom­man­dation :

  • Observer le comportement de son esprit.

C'est une démarche plutôt incongrue de vouloir connaî­tre ce qui nous entoure avant de se connaî­tre soi-même. Or, c'est à peu près ce que tout le monde fait. Dommage, car l'esprit sur­passe tout ; il est au-delà du temps et de l'espace. Bref, trêve de philo­so­phie et plon­geons-nous au cœur du concret…

“Observer l'esprit” est une façon de parler, puisque l'esprit est invi­sible ; il n'est pas une chose qui se perçoit. Quand on “observe l'esprit”, ce qu'on voit en réa­lité, c'est ce que l'esprit expé­ri­mente, et aussi ses réac­tions qui en découlent.

Une grande richesse : les difficultés

Dans l'expérience d'une profonde absor­ption, l'esprit n'a pour ainsi dire plus rien à per­ce­voir, donc plus rien à obser­­ver. Pour se retrou­ver momen­ta­né­ment épar­gné de tout incon­fort et de toute insa­tis­fac­tion, c'est l'idéal. Mais pour cul­tiver la sagesse, c'est stérile. Pour s'accom­plir inté­rieu­re­ment, plus il y a de con­fron­ta­tion, et plus c'est effi­cace. Fuir des diffi­cul­tés revient à les accumuler et les remet­tre à plus tard.

Remarque
Une difficulté est plus facile à observer qu'une faci­lité, car cette der­nière incite l'es­prit à en jouir, au détri­ment de sa vigi­lance.

Habituons-nous donc à voir les difficultés comme de belles oppor­tu­nités. Ce peut être comme un jeu, qui devient pre­nant quand les atta­ques sur­gissent de tous côtés. Ainsi, en ren­con­trant un pro­blème, vous vous sur­pren­drez peut-être à vous ex­clamer :

  • Chic, voilà enfin quelque chose d'intéressant !

Difficultés ou pas, l'aspirant à la sagesse n'hésite jamais à péné­trer la réalité, il ins­pecte avec patience et curio­sité l'expé­rience vécue, scru­tant ses moindres réac­tions, peu importe que celles-ci soient néga­tives ou pas.

L'authentique sagesse ne se cache pas dans les expé­riences extra­or­di­nai­res, comme les visions lointaines, les lumières béa­ti­fiantes ou les contacts télé­pa­thiques. Au con­traire, elle se cons­truit à partir des élé­ments les plus ordi­naires de votre quoti­dien, tou­jours les mêmes, encore et encore, mais de façon chaque fois plus appro­fon­die. Sou­venez-vous de la méta­phore de l'esca­lier sans sur­prise.

Aimer la banalité

Si des idées comme banal, quotidien ou ordi­naire évo­quent l'ennui, ce n'est qu'une croyance erronée. On peut craindre l'ennui, et pour­tant, il n'existe pas. Si vous lui faites plei­ne­ment face, vous ne trou­verez rien qui soit quali­fiable d'ennuyeux.

Dans le “banal”, un méditant n'y voit au contraire que du positif : stabilité, sim­pli­cité, régu­la­rité, clarté, repos…

Métaphore du disque 33 tours

Des moustiques sont enfermés dans un tube trans­parent, bouché par un disque. Se tenant loin du vinyle opaque, ils ne cessent de se cogner contre la paroi du tube, excités par l'espace exté­rieur qui les nargue.

Un moustique plus sagace n'hésite pas à faire face au disque. Il finit par lui faire si bien face que juste devant lui se trouve le petit trou central, qui le rend libre.

La croissance de la sagesse peut être vue comme une réso­lu­tion de pro­blèmes, de diffi­cul­tés. Et pour savoir sur quelle diffi­culté tra­vailler, l'embar­ras du choix – au sens propre – n'est pas néces­saire. Il suffit de prendre les pre­miers qui font surface. Tout comme pour un chemin barré de troncs et de bran­chages. On se pré­oc­cupe de celui qui se trouve devant soi, pas de celui qui se trouve à des kilo­mètres plus loin, et dont on n'est même pas sûr !

difficulté
Dans notre contexte, il ne s'agit pas de difficultés telles que rece­voir une fac­ture trop chère ou de monter une armoire à l'étage, mais plutôt d'ordre émo­tion­nel ou spiri­tuel. Il s'agit de situ­ations qui, natu­relle­ment, sont perçues comme diffi­ciles seule­ment lors­que la sagesse n'est pas suffi­sam­ment mature. Exemples :
  • être victime d'un manque de respect
  • réduire une habitude malsaine
  • résister à un attachement
  • être confronté à des choses déplaisantes

Échappatoire

Le manque de sagesse tend à laisser l'esprit se ruer sur la pre­mière échap­pa­toire en vue, en cas d'appa­ri­tion d'une diffi­culté. Pour­tant, la plus béné­fique des échap­pa­toires, c'est de pénétrer si plei­ne­ment la diffi­culté qu'on ne la voit même plus !

Métaphore de la pleine lune

Quand la Lune est parfaitement pleine, on ne la voit même plus. En effet, la Terre lui fait de l'ombre ; c'est l'éclipse lunaire.

Acceptation

La première chose à savoir et à retenir, pour une pratique aisée de l'accep­ta­tion, est que :

Tout ce qui nous arrive, dans les moindres détails, c'est préci­sé­ment ce sur quoi nous avons besoin de travailler.

Plus nous acceptons une difficulté, moins elle aura d'impact sur nous ; elle ne sera donc plus une diffi­culté. Pour nous accom­plir, il importe donc de nous accep­ter tels que nous sommes, avec toutes nos fragi­li­tés et tous nos défauts, y compris et surtout ceux que nous avons pris l'habi­tude de masquer.

La sagesse passe immanquablement par la pleine recon­nais­sance de ses défauts. Pourquoi attendre ? Le début est peu confor­table, mais il ne dure pas et nous connais­sons vite un grand épa­nouis­se­ment. C'est exac­te­ment comme d'entrer dans une eau un peu fraîche de prime abord, mais fina­le­ment très bonne.

L'acceptation fonctionne comme la sculp­ture. C'est-à-dire qu'on ne peut accep­ter une nou­velle diffi­culté d'un seul coup.

Métaphore de la sculpture

Le sculpteur commence à travailler à l'aide d'un gros burin, puis emploie pro­gres­si­ve­ment des outils de plus en plus fins, jusqu'à figno­ler les moindres détails.

Être sage, c'est être raisonnable. On demeure raisonnable dans ses désirs, mais aussi dans ses remises en question. C'est-à-dire qu'on cultive l'équi­libre entre croire à tout sans dis­cer­ne­ment et se barricader derrière un scep­ti­cisme de fer.

Au long de son entraînement, l'acceptation est d'abord mala­droite, mais à force de l'appli­quer chaque fois qu'une diffi­culté simi­laire réap­pa­raît, elle devient plus pro­fonde, plus sub­tile. Ce qu'il y a de for­mi­dable, c'est que ce sur quoi chacun a besoin de tra­vail­ler ne cessera de reve­nir sur le tapis, jusqu'à sa pleine réso­lution.

Sachant que la situation de chacun correspond parfai­te­ment à ses besoins de déve­lop­pe­ment spi­ri­tuel (même si pour beau­coup, il semble plus ou moins stag­nant), il est bien inu­tile d'être jaloux de qui que ce soit.

Pour permettre cette progression, l'esprit doit être aussi relaxé que possible. Avec la moindre tension, l'accep­ta­tion demeure incom­plète.

Quand l'acceptation parvient à pleine maturité, on voit que chaque chose est par­fai­te­ment à sa place. C'est pour ça qu'il est vain de chercher à modifier cons­tam­ment les choses. En agissant de la sorte, on serait con­traint de récol­ter de la frus­tra­tion. L'accep­ta­tion, c'est la voie du bonheur !

Humilité

L'humilité est une forme d'acceptation. C'est un véri­table pilier de la sagesse. C'est bien com­pré­hen­sible quand on sait que l'humi­lité est une absence d'ego, et que l'ego est le prin­cipal obstacle à la sagesse.

L'humilité est une force délicate qui met la lumière sur ce qui doit être corrigé, tandis que l'orgueil est un défor­ma­teur aveugle qui montre le grossier comme élégant.

Parce que oui, l'humilité reconnaît les choses telles qu'elles sont. Elle ne cherche jamais à masquer, trans­for­mer ou enjo­liver quoi que ce soit. Sans humi­lité, on s'écarte soi-même de la vérité, se con­dam­nant ainsi à errer dans l'illu­sion.

Réduction des attachements

Comment travailler ?

Comme leur nom l'indique, les atta­che­ments empê­chent la sagesse de prendre son envol, comme une mont­gol­fière atta­chée à ses amarres.

Voilà pourquoi il importe beaucoup de tra­vailler sur ses atta­che­ments. Comment pro­cé­der ? On ne force pas, sinon c'est le manque et la frus­tra­tion. On ne laisse pas non plus trop de mou, sinon on s'enlise. La seule façon de ré­duire ses atta­che­ments, c'est de les connaî­tre, de les recon­naî­tre, encore et encore.

Chaque fois qu'un désir survient, on tâche d'en être plei­ne­ment cons­cient, de le dis­cerner avec soin, d'en décou­vrir les incon­vé­nients. On s'habi­tue à s'abs­tenir peu à peu de tout ce qui est défa­vo­rable, puis futile. Et Dieu sait que nos vies sont pleines à cra­quer de futi­lités !

N'oublions pas que le désir rend insa­tis­fait, en plus d'être aveugle. Voilà pour­quoi la sagesse se trouve à l'opposé de l'atta­chement.

Céline Idlas a dit :
Le tout est de savoir céder si le désir est trop fort et ne pas céder quand il n'est pas si fort. Tout est une question de dosage, de trouver le juste-milieu.

Soulagement

La conviction est un sérieux barrage à la sagesse. L'idéal est de parvenir à aban­donner toutes ses croy­ances. Il n'y a rien à croire, seule­ment tout à voir, à com­prendre par soi-même, grâce à la vigi­lance, à l'obser­va­tion directe et à de belles prises de cons­cience.

Si le renoncement effraie souvent, c'est uniquement parce qu'il est mal compris. Il est question de renoncer seu­le­ment à ce qui cause la souf­france. Le renon­ce­ment est un soula­ge­ment. Il s'agit de se libérer en lâ­chant prise sur tout ce qui nous crée de la misère. Le renon­ce­ment n'est rien d'autre.

Le vrai problème, c'est de confondre nos atta­che­ments avec notre bonheur. On prend la source de nos insa­tis­fac­tions pour celle de nos satis­fac­tions. Voilà pour­quoi il est impor­tant de méditer régu­liè­re­ment pour déve­lop­per une bonne capa­cité au dis­cer­nement.

Minimalisme

Quelqu'un pourvu d'une grande maturité spiri­tuelle renonce à l'essen­tiel de ce à quoi s'adon­nent les êtres ordi­naires. Il a, bien sûr, une vertu irré­pro­chable. Aussi, il ne con­duit pas, car cela n'est pas compa­ti­ble avec la sim­pli­cité et le mini­ma­lisme de son mode de vie. Faut-il préciser qu'il ne fume pas ?

Il ne joue pas. Dans un jeu, on se dis­trait, on perd ou on gagne. Quand on perd, on déve­loppe de l'irri­tation, de la frus­tra­tion. Quand on gagne, on déve­loppe de l'exci­tation, de l'avi­dité, de l'or­gueil. Même si les pertes et les gains sont fac­tices, les émo­tions – ces états mal­sains –, elles, sont bien réelles.

Kassinou le détracteur

Si je comprends bien, un sage, c'est une statue !

Exactement ! C'est une statue, mais au lieu d'être faite de pierre ou de bronze, elle est faite de bonheur et de paix.

Quand on est bien détaché, on se contente du minimum, on ne gas­pille pas. Le sage est par défi­ni­tion tout ce qu'il y a de plus éco­lo­gi­que. Par son immo­bi­lité inté­rieure, sa vigi­lance est soli­de­ment établie. De ce fait, l'atten­tion se dif­fuse tout autour de lui, le main­te­nant plei­ne­ment récep­tif à son envi­ronnement.

En pièces détachées

Quand on commence à voir le monde en pièces déta­chées, les pas­sions s'effon­drent, et tout cela devient passion­nant à obser­ver. C'est le meilleur moyen de se détacher.

Si nous percevions les choses bien dis­tinctes, nous n'au­rions pas d'atta­che­ments. Le mental s'attache parce qu'il fait des asso­cia­tions. Réflé­chis­sez-y bien lors­que vous êtes tour­men­té(e) à cause de vos atta­chements.

S'assagir, c'est donc renoncer, aban­donner, décons­truire, lâcher, désac­ti­ver, se désin­vestir.

Cultiver les bonnes terres

Cultiver la sagesse, ce n'est pas se satisfaire d'être un peu plus mature que la moyenne, c'est con­fron­ter ses moindres défauts à chaque instant. Cul­ti­ver la sagesse, c'est aussi saisir les moin­dres oppor­tu­ni­tés, où qu'elles se trouvent.

On n'hésite donc pas à écouter hum­ble­ment les plus petits, les moins expé­ri­men­tés que soi. Il y a tou­jours une chose qu'ils savent et qu'on ne sait pas. Même s'ils ne disent rien d'inté­res­sant, on en apprend rien qu'en les obser­vant.

Dans le temps, les personnes âgées étaient perçues comme por­teuses de sagesse. Leur place était donc im­por­tante dans la so­ciété. Aujour­d'hui, elles sont souvent consi­dérées comme des appa­reils hors ser­vice deve­nus encom­brants. Alors on les laisse moisir dans des éta­blis­se­ments trop souvent dé­fail­lants, afin de mieux pouvoir courir après les plaisirs.

La longue expérience de vie de nos anciens, pourtant, loin des occu­pa­tions abru­tis­san­tes de notre temps, est une pré­cieuse ri­chesse qui ne demande qu'à être inter­rogée. Ceux et celles qui ont connu de nom­breu­ses épo­ques méri­tent des oreilles atten­tives.

Savoir écouter pleinement les autres, quel que soit leur âge, expé­rience et con­nais­sance, est le plus social moyen de cul­tiver de la sagesse. Cela permet de béné­fi­cier de ce qui prend toute une vie à com­prendre, et des choses favo­rables au bien-être de tous.

La sagesse se cache partout. À vous de savoir ouvrir l'œil !

Équanimité

Soyons comme la montagne, qui reçoit le soleil, les vents, la pluie, la neige et les per­cées des Hommes, sans sou­pirer le moins du monde.

Wikipédia offre une remarquable expli­cation de l'équa­nimité :

Extrait de Wikipédia sur l'équanimité
Nous passons beaucoup de temps à résister, à lutter, à rejeter, à ne pas accepter les situ­ations et les gens. Pour­tant, tout est imper­ma­nent. Nous ne dési­rons que ce qui est plaisant, agré­able et béné­fique, mais cela génère beau­coup d'anxiété et de souf­france. Si nous per­met­tons aux choses d'être ce qu'elles sont, si nous les accep­tons, nous res­sen­tons alors une grande paix.

Avec l'équanimité, chaque instant est parfait, notre cœur s'ouvre à ce qui est plai­sant, tout comme à ce qui est déplai­sant. Nous sommes tolé­rants vis-à-vis de ce qui est désa­gré­able. Par la pratique, l'équa­ni­mité se déve­loppe et nous deve­nons capa­bles de lâcher prise, d'accep­ter et de voir les choses telles qu'elles sont réelle­ment. La sagesse et la compré­hen­sion émer­gent tout natu­rellement.
Ajahn Cha a dit :
Sois simplement vigilant, mais laisse les choses suivre natu­relle­ment leur cours. Alors ton esprit devien­dra clair comme un étang fo­restier.

Solitude

Il ne s'agit pas nécessairement de la solitude phy­sique, qui con­siste à être isolé dans son coin. Nous parlons là d'une soli­tude interne : on ne compte sur per­sonne d'autre que soi-même. Ainsi, on ne demande rien et on n'attend rien. Arrive ce qui arrive, sachant que les besoins vitaux finissent tou­jours par arriver au sage qui ne les espère pas.

Plus que tout, le sage demeure men­ta­le­ment indé­pen­dant. Il ne recherche jamais la recon­nais­sance des autres. Cette recon­nais­sance, il se la donne lui-même. Il se suffit à lui-même.

Quoi que l'on puisse penser de lui, il s'en fiche. Pour­quoi ? Parce qu'il sait qu'il ne s'agit que de pensées sub­jec­tives, et que l'ego n'existe pas. Ceux qui se fâ­chent sont ceux qui croient et s'atta­chent à l'exis­tence de leur moi.

Rechercher la compagnie, c'est vouloir ren­for­cer son moi. En effet, cela revient à exister à travers le regard d'autrui.

Ainsi, la solitude, c'est savoir se libérer du regard des autres. C'est pour­quoi le sage peut rester joyeux même si tout le monde le dénigre. Bien natu­rel­le­ment, il fait preuve d'une grande to­lérance.

Le sage agit en fonction de ce qu'il sait être conve­nable, et non par con­for­mité. Il n'est pas un mouton ; il reste maître de sa con­dition.

Marc Aurèle a dit :
Tout Homme a le profond devoir de ne pas s'inquié­ter de ce qui ne dépend pas de lui, c'est-à-dire les biens matér­iels, les hon­neurs, l'opi­nion des gens, mais doit en contre­partie se rendre par­fai­te­ment maître de ses émo­tions, avis, opi­nions et juge­ments, la seule chose dont il possède un parfait contrôle.

Être comme un enfant

Il ne s'agit pas de jouer à la poupée ou de faire ex­ploser des pé­tards. L'idée est de garder, sinon de revenir, vers les habi­tudes enfan­tines natu­relles, celles qui sont saines, ver­tueuses et pro­pices au dis­cer­ne­ment, mais hélas sapées à l'entrée dans le monde adulte par de nom­breu­ses habi­tudes men­tales qui ne laissent guère de place au déve­lop­pe­ment spi­rituel.

Pour que la récolte de sagesse devienne un jeu d'enfant, soyez comme un enfant ! Un enfant…

  • (Se) pose des questions pour comprendre le monde, comment les choses fonc­tionnent.
  • N'a pas de souci pour le lendemain, il vit au jour le jour.
  • Est poli (il évite la vulgarité), il fait profil bas.
  • Ignore tout ce qui touche au sexe.
  • Ne boit pas d'alcool.
  • Fuit la fumée.
  • Ne court pas après l'argent.
  • Ne s'investit pas dans des projets complexes.
  • Ne sort pas le soir.
  • Se couche tôt.
  • N'accorde pas d'impor­tance à ses vêtements.

Évitez toutefois les défauts types des enfants : atta­che­ments forts, recherche cons­tante de distrac­tion, igno­rance, incons­cience du danger, etc.

Élargissement de la vision

Pour bien élargir sa vision, il faut d'abord cesser de l'épar­piller. Si vous regar­dez partout en même temps, votre obser­va­tion n'a plus de force. Au con­traire, si vous foca­lisez votre vision, vous êtes en mesure de péné­trer en détail ce que vous obser­vez. Une fois l'objet de votre atten­tion bien connu sous un angle, vous pouvez envi­sager de le péné­trer sous de nou­veaux angles. Ainsi, peu à peu, votre vision s'élargit.

Quoi qu'il en soit, le cerveau n'est pas capa­ble de traiter plus d'une seule chose à la fois. Faire plu­sieurs choses en même temps n'est qu'une illu­sion. En réalité, quand on conduit tout en bavar­dant et en lisant des messages, le cerveau ne fait qu'osciller d'une acti­vité à une autre. Dans un instant donné, il ne peut être présent qu'à une seule chose. C'est comme un écran qui ne peut affi­cher qu'une seule image à la fois.

Basculer fréquemment d'une activité à l'autre est non seu­le­ment épui­sant, mais rend l'atten­tion super­fi­cielle sur chacune d'elles. Plus l'esprit limite ses acti­vités, plus le cer­veau reste frais, plus l'atten­tion est péné­trante, plus la vision peut s'élargir. Par con­sé­quent, mieux la sagesse peut fleurir.

Une vision large permet de comprendre le danger qui se cache dans chaque désir, et de ce fait, de s'en déta­cher natu­rel­le­ment.

Dans nos sociétés actuelles, où la con­som­ma­tion est valo­risée plus que le reste, tout œuvre à nous faire croire qu'il manque toujours quel­que chose. Un esprit sage, à l'in­verse, ten­drait plutôt à croire qu'il y a tou­jours que­lque chose de trop.

En effet, si nous rencontrons régulière­ment des insa­tis­fac­tions, c'est préci­sé­ment parce que nous fai­sons tou­jours quel­que chose de trop. Si nous rédui­sons notre con­som­ma­tion et nos plaisirs au mini­mum, il devient beau­coup plus facile d'éviter les pro­blèmes. L'état qui se rappro­che le plus du bonheur, c'est quand l'esprit est par­fai­te­ment immobile, absor­bé en lui-même, hors de portée des sens (grâce à la médi­tation pro­fonde).

La sagesse est le seul moyen de se libérer de la prison du monde… Mais encore faut-il vouloir s'en libérer !

Aldous Huxley a dit :
La dictature parfaite serait une dicta­ture qui aurait les appa­ren­ces de la démo­cra­tie, une prison sans murs dont les prison­niers ne son­ge­raient pas à s'évader. Un sys­tème d'es­cla­vage où, grâce à la con­som­ma­tion et au diver­tisse­ment, les es­claves au­raient l'amour de leur ser­vitude.

Gratitude

Cousine de la bienveillance et du contente­ment, la gra­ti­tude est une dis­po­si­tion magique de l'esprit. Elle enve­loppe de bien-être les situ­ations les plus diffi­ciles. C'est une sagesse en soi, qui plus est, acces­si­ble sur-le-champ et à n'im­porte qui. À déve­lopper sans modé­ration !

Laurent Gounelle a dit :
En s'entraînant à la gratitude, on passe du statut de déçu à celui de béni.

Vous n'avez pas l'habitude de la gratitude ? C'est si simple, et un pur bonheur. Dans tout ce qui vous arrive, même dans une succes­sion de mal­heurs, il y a tou­jours un détail posi­tif. Il suffit de vous con­cen­trer dessus. Sachez aussi que le premier béné­fi­ci­aire de la gra­ti­tude, c'est vous-même ! En outre, c'est fabu­leu­se­ment appré­cié. Et ce peut même être conta­gieux.

Le monde n'est qu'un reflet de l'esprit. Devenez mer­veil­leux et le monde sera mer­veil­leux. Plus vous vous foca­lisez sur le bien qui vous arrive et plus vous serez heureux(se).

Eckhart Tolle a dit :
Reconnaître tout le bien qui vous arrive dans la vie est ce qui sert de fon­de­ment à l'abondance.

Vous l'aurez compris, la gratitude est le meilleur moyen pour voir le bon côté des choses, mais aussi pour rayonner de bien-être, même – ou plu­tôt surtout – avec peu de choses. Sans gra­ti­tude, par contre, on peut tomber dans le piège, hélas si fré­quent, de l'ingra­ti­tude. C'est donc, à l'in­verse, le meilleur moyen pour voir le mauvais côté des choses, mais aussi pour mul­ti­plier le mal-être.

Pour s'emplir de gratitude, il est inutile d'aller crier sa recon­nais­sance sur tous les toits. Avoir cons­cience d'être chan­ceux de béné­fi­cier de ce que l'on a est suffi­sant. Après, plus on en est cons­cient souvent, et plus la gra­ti­tude devient grande et naturelle.

La gratitude ne se destine pas seulement aux per­sonnes ou aux ani­maux, mais aussi aux plantes, aux choses, aux situ­ations… Parce que oui, la gra­ti­tude, c'est avant tout appré­cier plei­ne­ment ce qui est positif.

En conclusion

Pour laisser La sagesse s'installer en vous, ne fuyez pas votre quo­ti­dien, con­si­dérez vos diffi­cul­tés comme de grandes amies, mettez à la pou­belle vos atta­che­ments inu­tiles, appre­nez de tous, y compris des igno­rants, suffi­sez-vous à vous-même, rede­venez un enfant, limi­tez vos acti­vités à l'essen­tiel, restez vigi­lant(e), concen­tré(e) sur ce qui est sain et positif.
 

Remarque
N'hési­tez pas à voir et revoir les arti­cles de ce site ; ils peu­vent vous emme­ner non pas loin, mais au plus près de vous-même !
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