(n'est plus mis à jour)
Se satisfaire de peu et se réjouir du présent.
Tel est le slogan d'une publicité pour une grande marque de voiture. Cela suggère-t-il que si notre bourse ne nous permet pas une telle aquisition, mieux vaut-il ne rien s'offrir ? Et dans le cas où nous roulons sur l'or, se payer le plus bel assemblage de ferraille pour rouler sur le bitume peut-il vraiment être considéré comme le meilleur choix, quand on songe aux nombreux soucis que cela peut engendrer (entretien, surveillance, taxes...) ?
Si nous poussons un peu plus loin la réflexion, nous constaterons que ce slogan s'avère une excellente devise pour le renonçant.
Puisque de tout ce qui est connaissable à travers les six portes sensorielles rien n'est à même de fournir une pure satisfaction, la recherche du "meilleur" ne peut conduire qu'au constat de l'utopie. Si on ne peut pas obtenir "mieux" ou "meilleur", alors autant orienter son choix vers le "rien", qui nous abritera à coup sûr de la déception, de la difficulté et de l'insatisfaction dues aux possessions, quelles qu'elles soient.
L'autre merveilleux avantage du "rien", c'est qu'en le choisissant, on gagne également le "meilleur" puisque finalement le meilleur, c'est le "rien" !
Toutefois, pour arriver à se contenter de rien, ce n'est pas rien !
Dans son état naturel, notre esprit passe son temps à s'attacher. Il s'attache à renouveler et à faire durer les situations et les sensations qu'il perçoit comme agréables, et il s'attache à éviter et à faire cesser les situations et les sensations qu'il perçoit comme désagréables.
Sans calme, sans concentration, sans attention, sans sagacité, sans vertu, sans bienveillance, l'esprit s'attache continuellement à tout ce qui entre par les six portes sensorielles, ce qui inclut les émotions, les concepts et les croyances.
Comme tout ce qui est expérimentable (pensées, visions, sons, touchers, odeurs et goûts) n'est que le résultat d'un nombre infini de causes, comment serait-il possible d'avoir un contrôle direct de notre sort ? C'est pourquoi il est vain de s'attacher, avec désir ou aversion à n'importe quelle situation ou sensation. Comme elles finissent tôt ou tard par changer, s'y attacher procure inévitablement une souffrance plus ou moins importante. Plus un attachement est intense et plus la souffrance le sera lors d'un changement de situation. Quoi de plus logique ?
De plus, convoiter ou détruire n'apporte que des problèmes. Les riches propriétaires et les exterminateurs ne sont pas plus heureux que les autres, faut-il le rappeler ? Au contraire, ils vivent dans l'obsession du danger de leur sécurité ou de celle de leurs propriétés.
Par conséquent, la voie de la raison, celle de la sagesse, consiste à se défaire de tout attachement. Sur la base d'un renoncement à tout ce qui est nuisible et futile, seul le développement d'une méditation profonde, couplée à une sagacité qui se caractérise par une connaissance directe de la nature de toute chose, sera en mesure de délivrer complètement l'esprit de tout attachement.
Pour nous préparer à un tel entraînement, nous ne devons pas nous contenter de lire des blogs et des livres sur le Dhamma en y réfléchissant à des moments perdus. Nous devrions dès cet instant nous livrer avec enthousiasme à un entraînement constant à la purification de l'esprit, au sein de notre quotidien, quoi que nous fassions. Pour ce faire, nous entretenons un comportement (physique, verbal et mental) aussi propre que possible, nous nous débarrassons un tant soit peu de tout ce qui n'est pas indispensable, nous favorisons le calme, la concentration et la solitude.
L'esprit est comme un logement. Quand il est vide, on y est bien et à son aise.
Pourtant, on ne peut s'empêcher de le remplir de choses inutiles.
On ne s'attache pas à la forme que prennent les nuages, car nous savons qu'il ne s'agit que d'une multitude de mini particules en constant changement, incontrôlables, qui ne font que s'assembler et se désassembler.
Pourquoi s'attacher à tant d'autres choses puisqu'il en va exactement de même avec tout ce qui existe !
La vie commence à 40 ans, dit-on. Je le confirme. Que tu sois né(e) ou pas encore né(e), jai la joie de tannoncer ma naissance ! La joie dêtre au début du milieu peut-être ? Quand on est jeune on veut être plus vieux, quand on est vieux on veut être plus jeune, mais quand on arrive à la Quarantaine, on nest ni jeune ni vieux.
Et pourquoi donc la vie commencerait-elle à 40 ans ? Sans compter le fait quelle peut finir avant. Comme le demandait la petite Mafalda (qui doit maintenant avoir 6 ans et demi puisquelle est née en 1964) : « Pourquoi nous faire venir si longtemps en avance ? » Si on vit à partir de 40 ans, cela sous-entend quon ne vit pas avant cet âge. Si on ne vit pas, que fait-on ? On se prépare à vivre bien sûr !
On ne peut jouir dun habitat quune fois quon y est bien installé. Et lhabitat intrinsèque de chacun, cest la vie ! Dabord on passe son temps à attendre un rêve qui ajourne chaque jour son rendez-vous au lendemain. On se persuade que laujourdhui pas terrible nest que provisoire et laissera place tôt ou tard (plutôt tôt que tard) à un demain meilleur. Après quatre décennies dillusions et de désillusions, on commence à se résoudre à lidée quil nous faudra faire avec ce dont on dispose. Alors on cesse de chercher linexistant et on commence à faire avec ce qui existe. Cest pourquoi on "commence à exister".
Après mêtre préparé à vivre pendant quarante ans, me voilà donc prêt à vivre ? Mais que signifie "vivre" sachant que ça ne durera pas ? Bien mourir nest-il pas plus important que bien vivre ? Puisque la mort est la seule porte dentrée vers la vie suivante, autant satteler à trouver une bonne porte !
Et que fait-on quand on arrive en haut dune montagne ? ...on en redescend ! Ainsi, après mêtre bien préparé à vivre, je peux dès à présent bien me préparer à mourir.
Ne vaut-il pas mieux dêtre à zéro sur la bonne voie que bien avancé sur un mauvais chemin ? Pas toujours facile lidée daccepter den être à zéro, mais comment commencer quelque chose convenablement si on nest pas encore parvenu au début ?
Il nest pas bien judicieux de bâtir un foyer sur des ruines sans déblayer préalablement les murs et débris jonchés dans tous les sens, jusquà obtenir un terrain bien plat, bien dégagé et bien ferme.
Pourquoi ne pas faire de même avec les idées et les principes qui encombrent lesprit ?
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